En absorbant les contradictions de centaines d’interlocuteurs, il n’a jamais pu les résoudre.

Macron a l’obsession du dialogue, qu’il appelle « Démocratie Délibérative » repris dans la presse sans que les journalistes ne sachent ce que cela veut dire. Bref du débat sans solution.

Après une entreprise de séduction qu’est l’élection présidentielle, comment continuer à faire correspondre des gens et des idées divergentes qui ont cru en vous, pour trouver leur solution.

Évidemment, il n’y a pas de solution qui peut plaire à tout le monde. Le consensus mène à l’impasse. Macron a fait du marketing segmenté à l’individu, en apportant une solution à l’un puis à l’autre.

Macron ne supporte pas l’idée que quelqu’un ne soit pas d’accord avec lui et cherche à convaincre que Macron a raison. L’obsession de convaincre que Macron a raison est une constante dans l’exercice du pouvoir macronien. Il s’adresse à un individu mais pas à un ensemble commun. C’est du narcissisme.

Macron, à aucun moment de sa vie, n’a sacrifié quoique ce soit pour l’autre, au regard de son parcours professionnel, il n’a rien sacrifié, pris aucun risque. Il a toujours cherché l’intégration à des systèmes existants, en passant 5 années successives de sa vie à passer des concours de la haute fonction publique.   Puis dans un deuxième temps après avoir réussi, il va chercher à rentabiliser cet investissement.

Il va tirer profit des réseaux que l’État lui offre, notamment au sein de l’Inspection des finances, en principe pour qu’il les mette au service du bien commun.  L’état a investi sur lui, en y mettant des moyens pour le former à travers la république et les institutions.

Macron va tirer bénéfice de ces réseaux que lui donne l'État en partant dans le "privé" dans la banque Rothschild, pour faire de l’argent pour lui-même et non pour la collectivité qui a investi en lui.

Macron, l’ascension grâce à l’oligarchie financière.

Macron chez Rothschild a fait des deals avec la banque d’affaires en nourrissant des actionnaires et les banquiers in fine, et non les salariés et citoyens.

Les citoyens voient les millions ou milliards prélevés par Macron qu’il a pris à la collectivité pour les redistribuer ailleurs. Tout son parcours va dans ce sens là.

Christian Eckert, ancien secrétaire d’État au budget, sous Hollande qui a travaillé à Bercy avec Macron, dans son livre, rapporte qu’à chaque entretien avec Macron,  celui-ci voulait privatiser un service public, c’était une obsession. Les privatisations d’aéroport de Paris, de la Française des jeux n’ont été retardées jusqu'à aujourd’hui,  que parce que Monsieur Eckert avait fait un chantage à la démission, afin de bloquer les velléités de Macron, pour ne pas qu’elles aient eu lieu sous Hollande.

Macron étant au commande aujourd’hui, il n’y a plus de frein à vendre les bijoux de famille.

En privatisant, Macron donne des gages à l’oligarchie parisienne où se mêlent finance et politique, où les fortunes se font avec l’aide de l’État et sur son dos,  c'est-à-dire le capitalisme de connivence. Le meilleur exemple, c’est la constitution de la fortune de Bernard Arnault dans les années 80, grâce à l’appui de l’État et de Fabius en particulier.

Macron va se faire propulser par ces élites en brûlant du "capital d’état" , en se proposant comme un intermédiaire  entre la fortune de l’État c’est à dire de la population et la fortune de cette oligarchie. Il va prendre à ceux qui sont les moins bien organisés pour se défendre, pour le donner à ces intérêts de l’argent. Et c’est très grave. C’est de la trahison.

Macron va dire aux puissances d’argent, « je vais vous aider à acheter un bien commun rentable ou vous aider à défendre vos intérêts ».

Exemple le CICE inventé par Macron et Alexis Köhler ancien directeur de cabinet de Pierre Moscovici à Bercy. Köhler deviendra ensuite le secrétaire général de l’Élysée de Macron.

Macron offre ses services à cette élite qui, par cooptation, fait la vie politique du pays. 

Cette élite financière lui permet d’être mis en avant sur la place médiatique, car ces milliardaires sont les propriétaires de grands journaux. (90% de la presse écrite, 20h de TF1…)

Lors de la présidentielle, tous les candidats du système vont s’effondrer, Sarkozy, Fillon, Jupé, Valls, Hollande, le candidat de substitution va émerger, et va monter  car il a donné des gages en proposant le pillage du bien commun, en faveur de l’oligarchie financière, qui voit sa position se renforcer grâce à ce candidat Macron, qui est là, l'air crédible, remplaçant naturel (car déjà lancé) des candidats en faillite.

À partir de là, pour un homme qui n’a jamais été élu, et qui n'a donc aucune légitimité, la machine médiatique va tourner à plein régime, abandonnant Fillon. On assiste à un matraquage médiatique orchestré par Bernard Arnault, Xavier Niel, Mimi Marchand (la miss people du tout Paris) et ses 29 unes de Paris Match sur Macron en quelques mois…

Macron a été propulsé dans l’oligarchie parisienne par Jean Pierre Jouyet, mais comme on est dans une démocratie, il faut que Macron soit propulsé à la présidence par les électeurs.

On assiste à une quasi omniprésence de Macron dans l’espace médiatique pendant des mois pour qu'il s'incruste dans les esprits. Le papier glacé a permis à Macron de se faire connaître et aimer par une partie des électeurs, cela a permis de court-circuiter un parcours politique inexistant et un programme politique inexistant,   qu’un autre homme politique peut sinon mettre 40 ans à construire en labourant le terrain.

Macron s’est fabriqué une notoriété de papier glacé, on t'aime aujourd’hui et on te hait la semaine d’après. Macron s’effondre en terme d’image auprès des français,  mais c’est logique car il n’a aucune assise électorale réelle.

L’exercice du pouvoir de Macron est autoritaire

Cela s’explique en partie par le mode d’ascension de Macron et le matraquage médiatique dont il a bénéficié.

Il n’a au final pas de légitimité démocratique, donc la seule façon de gouverner, va être par l’imposition des choses (ordonnance), et donc la mise en tension va se faire très rapidement avec le peuple.

Il est impossible pour lui de gouverner démocratiquement, car il a été projeté à l’Élysée de façon déjà autoritaire.

Ça alimente la haine du peuple, avec une touche de petites phrases alimentant le mépris de classe. Le cocktail est explosif.

On arrive à une dérive fascisante, dans le sens où il y a une volonté de dégradation de l’essence d’une partie de la population. Il cherche à réduire l’autre, il cherche à réduire son humanité, c’est la définition du fascisme. Exemple : « ceux qui ne sont rien. »   Macron est dans une volonté d’écrasement de l’opposition en déshumanisant ses opposants. Et là, on s’écarte des rives de la démocratie.

La schizophrénie de la communication macronienne, c’est d’accuser les opposants de ses propres défauts. Exemple : « Esprit Munichois de l’opposition… »

Le « en même temps de Macron » a été un message qui s’adressait surtout à l’élite de la hiérarchie de la fonction publique et de la politique. 

Le « en même temps » permet d’éviter l’inconvenance de l’alternance pour cette population.

Quand vous faîtes partie des grands corps de l’état au niveau administratif ou financier, il faut faire partie d’un camp politique de droite ou de gauche.

Et tous les 5 ans il y a un risque de basculement politique, et si vous avez choisi le mauvais camp, vous perdez une partie de votre position et de votre assise.

Le premier artisan qui répond à ce constat, c’est Nicolas Sarkozy, sous l’influence de Jean-Pierre Jouyet, promoteur de Macron et pilier de la Macronie. Ce proche de Hollande qui est ensuite ministre de Sarkozy, puis directeur du Trésor, va pousser l’élite hiérarchique de la fonction publique et de la finance à accepter Macron.

Le « en même temps » permet à l’élite, la fin de l’alternance.

Macron dit : je parle à tout le monde, je suis le système, je vais vous intégrer et vos intérêts seront servis.

Le souci c’est qu’on oublie une petite variable : le peuple. 

Le peuple ne se sentant pas représenté et se voyant floué, va réagir de façon plus ou moins violente pour retrouver sa souveraineté. Les Gilets Jaunes c’est ca.

Quand on entend un Benjamin Grivaux, porte parole de la macronie, qui insulte le peuple en permanence,  son attitude entretient le rejet de cette oligarchie parisienne par le peuple. 

Les Gilets Jaunes rappellent que le pouvoir vient du peuple. Les richesses dont le pouvoir parisien dispose, viennent de citoyens qui travaillent et qui payent des impôts et des taxes.

Il y a le prétexte que cette oligarchie nous dirige parce qu’ils sont plus compétents que les citoyens à le faire, mais il y a des limites dans le mépris qui ont largement été dépassées par le pouvoir.

Les Gilets Jaunes disent ça suffit !

Il y a une réaction intelligente politiquement des Gilets Jaunes, ils ont compris qu’il y a un excès en train de se mettre en œuvre par le pouvoir, et qu’il faut tenter de le limiter ou d’y mettre un terme.

La France Insoumise se voit conforter dans son programme et ses positions par cette évolution du pouvoir dans la 5e république et le retour à la souveraineté du peuple.

Sources :