Le gouvernement exonère de partout les ressources de la sécurité sociale, le CICE [1] en est le premier gros mouvement, qui sera pérennisé dans la loi, donc beaucoup moins de cotisations dans le budget de la sécu, affaiblissement décisif de celle-ci, et prélude à son décès « accidentel » pour « inefficacité ».

Le budget de la sécu, c’est pour une grande partie le fonctionnement de l’hôpital… On connaît bien la méthode : priver le service public de moyens, lui enlever les interventions « intéressantes » au bénéfice du privé, le déclarer obsolète, puis obtenir sa disparition.

Les privatisations du service public ont toutes été du même acabit que le rail britannique… cela ne veut pas dire que le service public ait toujours été à la hauteur.

Souvenez-vous des regrets du sinistre Dutreil (gouvernement Juppé) : « On a un problème, c’est que les français sont attachés à l’hôpital ».

Depuis, ils ont réussi à imposer la perverse tarification à l’acte : les cliniques privées se spécialisent dans les actes qui rapportent, (comment leur en vouloir ?), et l’hôpital, submergé par ce qui reste et qui lui est imposé, va de moins en moins bien, est de plus en plus dysfonctionnel… On en voit certains qui pensent : « bientôt débarrassés ! ».

Plus l'exonération des cotisations sur les salaires pour faire plus de salaire net.

Donc l’objectif est la fiscalisation de toutes les cotisations sociales et donc la fin du régime paritaire appuyé sur le travail, pour les retraites et la santé.

Fin de la socialisation assistancielle (cotisations et non « charges » [2] sociales de tous les citoyens et employeurs pour tous les risques de la vie) et donc marche forcée vers l’assurance privée : on cotise selon son choix personnel et ses moyens, et selon les offres disponibles, pour se prémunir d’un risque.

Donc on va vers le modèle américain, avec ses avantages pour les sociétés d’assurance qui facturent beaucoup plus que la cotisation salariale, donc ça coûte plus cher pour le salarié. Quand au retraité, plus il est vieux, plus il coûte cher, plus il paye, tant pis pour lui. Heureusement l'espérance de vie des travailleurs est inférieure.

Notes

[1] Notez que le CICE a été versé à de nombreuses entreprises qui ont licencié en masse, tout en versant des dividendes inespérés, parfois même en empruntant pour pouvoir les payer aux actionnaires… et que leurs actions ont aussi pris de la valeur par le simple rachat d'une masse de leurs propres actions, qui est un acte magnifiquement productif, et pas encore interdit ! Bravo à tout le CAC 40 !

[2] Notez et retrouvez sans cesse et partout la perversité du vocabulaire dans la propagande libérale (« libéral » est pourtant au départ un mot plutôt sympa : mais impossible de le prononcer dorénavant sans dégoût)