Avec un taux faible pour les riches, pour leur principale source de revenus que sont les actions et dividendes, c'est à dire une taxation de 12,8 % au lieu de 45 % pour les autres revenus (en tranche haute), les gens vont être incités à acheter des actions, c’est génial.

Mettons des flyers et des affichettes dans tous les restos du cœur, au secours populaire, au secours catholique…

Or le piège se referme sur les détenteurs d’actions, car si un gouvernement ou un opposant veut revenir sur une politique pro actions, pour ne pas voir leur capital fondre, ils vont toujours préférer ce qui ne leur fait pas perdre d’argent, peu importe de quoi il s’agit : les services publics, l’environnement, les droits des gens…

L’action et le dividende seront la nouvelle laisse du citoyen plutôt aisé et détenteur d’actions, qui saura bien pour qui voter. Ainsi les libéraux assoient leur pouvoir sur le long terme.

La défense des économistes libéraux en faveur de ce système, c’est la relance de l’investissement productif.

Mais c’est faux.

Car les actionnaires veulent du profit et vont obliger les dirigeants dans les assemblées générales d’actionnaires à verser des dividendes plutôt que d’investir pour pérenniser l’entreprise. Sachant que les cadres dirigeants seront aussi intéressés à l’action et aux dividendes, ils n’iront pas contre leurs intérêts. Donc tout le monde se tient pour aller dans le sens du dividende qui rapporte rapidement, plutôt qu’un investissement productif plus risqué pour eux. On estime aujourd’hui que 85 % des profits nets vont aux dividendes. Donc cette politique aggrave le phénomène.

La France est composée d’actionnaires majoritairement constitués en holding familiale, qui ne cherchent pas à investir mais a faire de la rente. On ne parle même pas des fonds de pensions.

Plus le taux de taxation des dividendes est faible, moins on a d’actionnaires investisseurs.

L’actionnaire n’est plus un citoyen, ni un investisseur qui fournirait des fonds à un système de production, mais un parasite de toute la production.