Avec un recul d’expérience de 40 ans, c’est un échec pour le reste de la population mais, il faut être honnête, une réussite exemplaire pour la caste dominante : les riches se mettent de l’argent public dans les poches et accumulent sur le dos de la société.

Et plus on est riche, plus on obtient : les moins riches ne gagnent pas autant, pensez-y, plaignons-les.

Le rêve serait de doubler les taux de TVA, pour que même les millions vivant sous le seuil de pauvreté participent à la baisse des impôts de ceux qui en paient toujours trop. Mais on ne peut pas encore le faire, on y pense, c’est pas facile.

L’objectif est louable, merci bien : on donne plus d’argent à ceux qui en ont déjà pour qu’ils investissent.

Sauf qu’ils ne le font pas et le gardent pour eux, voire, le mettent à l’abri dans des paradis fiscaux, si faciles à trouver pour les nantis.

Donc pour 2018, le cœur du patrimoine des riches que sont les actions, saute de l’ISF, soit environ 3,6 milliards d’euros et ça représente les 3/4 de l’ISF.

Il ne reste que l’ISF immobilier, soit l’IFI qui rapporte environ 860 millions d’euros au budget de l’Etat.

Une Flat Tax sur les revenus du capital à 30 % est entrée en vigueur. Il faut rappeler qu’au dessus de 152 150 € (équivalent de 1 million de Francs) de revenus, qui est le seuil de la taxation de la cinquième et dernière tranche de l’impôt sur le revenu, le taux marginal d’imposition est de 45 %.

Avec la Flat Tax, au-delà de ce montant, les actions seront taxées au taux de prélèvement forfaitaire libératoire de 30 %. Sachant que dans ce PFL, on inclut la CSG et CRDS alors que dans la taxation a 45 % de l’IR on ajoute la CSG et CRDS , donc le taux réel d’imposition avec le PFL est de 12.8 % des revenus du capital (les dividendes). Plus la CSG et CRDS on arrive à 30 %.

Regardez les babines humides de ceux qui savent qu’ils vont se régaler, sans rien faire, en dormant (pas vraiment : il a fallu acheter presque toute la presse, et ça c’est du boulot!). On ne parle pas de ceux qui gagnent moins de 152 150€ (on aimerait bien, on est déjà jaloux de ces pauvres actionnaires de l’assurance vie ou des PEA, alors pensez, ceux qui gagnent beaucoup, beaucoup plus, on reste bouche bée, quels surhommes !)

Pourquoi Zuckman estime que ça ne va pas être 1,5 milliards de perte de recette pour l’État, comme le prévoit le gouvernement ?

Le gouvernement se base sur le montant des dividendes actuels. Mais quand on rend le dividende super intéressant, les dirigeants d’entreprises et les cadres dirigeants vont limiter la part de leurs salaires taxée à 45 % pour un dividende en fin d’année taxé à 12.8 %.

C’est un effet d’aubaine.

C’est le modèle américain et ça coûte des dizaines de milliards de dollars à l’Etat fédéral américain en terme de perte de recette. On sait que ça va finir comme ça et on le fait quand même.

Donc le budget est insincère et attaquable au Conseil Constitutionnel, car le budget viole l’article 32 de la loi organique (la Constitution). On part sur moins 9 milliards de recette selon le gouvernement mais au final on sera autour des 17 à 20 milliards selon les estimations.

Quand les députés de la FI harcèlent (ils sont terribles!) Darmanin, ministre du budget, il dit que c’est faux, que ça ne coûtera pas plus de 1,5 milliards, car ce serait requalifié par les services fiscaux comme une fraude fiscale. Ce qui est grossièrement inexact, car le contribuable appliquera la loi et rien n’empêche le contribuable de mettre son argent là où il veut.

Avec la règle de 3 % sur quoi on tapera encore pour combler la perte de recette, lors des prochains budgets rectificatifs de juillet ou le prochain budget…