Il n'y a pas d'essoufflement du mouvement, mais, comme les objectifs que se fixent la FI sont à chaque fois maximalistes, et au regard des objectifs proclamés, le bruit médiatique laisse entendre échec, essoufflement.

  • Exemple : l'objectif fixé pour la présidentielle était d'être au second tour et de la gagner, et effectivement on était pas au deuxième tour donc échec, mais on a fait 20% en démarrant à 5% deux mois avant dans les sondages. On ne peut pas voir un échec ou un essoufflement.
  • Exemple : l'objectif face aux ordonnances Macron était de lancer un mouvement populaire tellement fort dans la rue avec des grèves et des blocages pour pouvoir casser la dynamique des ordonnances macron . Et comme la FI n'y est pas arrivée, le bruit médiatique dit essoufflement et échec du mouvement et de sa stratégie.

Mais connaît-on beaucoup de mouvement politique en France qui sont capables de mettre autant de monde dans la rue lors du 23 septembre ? La réponse est non. Si aujourd'hui, nos objectifs qui sont de mettre fin au système libéral et de le remplacer ne sont pas atteints, il faut rappeler qu'il suffit que la FI gagne une fois et on met fin au système et on remplace le système. Ce qui est notre objectif final

Comment ouvrir la FI pour quelle soit majoritaire ?

Dans les groupes d'appuis, quand il y a de nombreux membres, on scinde le mouvement pour rester opérationnel et actif, au lieu d'avoir un gros groupe, on préfère plusieurs petits groupes actifs. Les grosses sections meurent assez vite du fait de leur lourdeur. Pour développer la croissance électorale, il faut partir sur deux axes :

  • Le premier axe est d'aller chercher les électeurs fâchés mais pas fachos. Il y a ceux qui ont voté au FN non par adhésion aux idées racistes du FN mais par un vote anti système. Car il n'existe pas de grande force politique qui propose de renverser le système de manière positive, maintenant il y en a une c'est la FI. Quelques points de cet électorat devrait revenir à gauche, et d'ailleurs c'est déjà commencé ;
  • deuxième axe, Il y a un électorat qui est massivement dépolitisé, c'est un électorat plus jeune, donc beaucoup de jeunes ne votent pas. C'est aussi un électorat pauvre souvent dans les quartiers populaires qui vote peu ou qui ne vote pas. C'est aussi le cas en milieu rural. Donc il faut aller les chercher et les convaincre de revenir dans la bataille électorale en tant qu'électeur. Et accessoirement de voter FI ;
  • Un axe est aussi l'électorat qui veut changer de système mais qui n'a pas sauté le pas de la conflictualité de vouloir remplacer un système par un autre, Ils disent : « oui je suis d'accord avec le programme de la FI pour ce que j'en connais, mais Mélenchon est trop agressif ». Ces électeurs ont beaucoup hésité entre Hamon et Mélenchon le dernier coup. Pour eux, ce qui marche c'est la pédagogie, l'instruction et de répéter encore et encore de façon le plus calme possible. Cela a déjà été le cas, car beaucoup de gens qui devaient voter Hamon sont venus à Mélenchon. Les sondages le démontrent, car le discours général était un discours de pédagogie politique.

Les 3 cibles permettent d'élargir l'assise électorale de la FI. Plus largement, plus profondément, il y a l'idée chez la FI, d'une différence entre la foule et le peuple, c'est : quand la grande masse humaine devient collectivement consciente de son intérêt et prend son destin en main.

C'est le message politique de « l'ère du peuple ». Donc l'idée est que tout ceux qui ne profitent pas du système et ils sont majoritaires dans le pays, développent une conscience politique sur le fait qu'il est temps d'accomplir l'ère du peuple. La Fi visent ceux qui se font marcher dessus, qui se font appauvrir, qui subissent l'aggravation de leur niveau de vie, la précarité. Cette population est majoritaire et il faut aujourd'hui la fédérer.

Aujourd'hui aller chercher les électeurs un a un, est toujours gêné par les partis politiques et les mouvements politiques divergents.

Les mouvements structurés à gauche

À gauche, il y a le mouvement de Hamon et le PCF, quelle est la posture et les possibles mains tendues à ces organisations de gauche.

À la FI, nous sommes nombreux a en vouloir à Hamon de ne pas s'être retiré, car mathématiquement on était devant Macron et donc au deuxième tour.

L'histoire se répète, c'est notre Chevènement avec Jospin.

Maintenant la situation est un état d'esprit entre Hamon et Mélenchon constructif. La preuve : la présence de Hamon à coté de Mélenchon lors de la manifestation contre les ordonnances Macron. Et les deux hommes s'échangent des mots aimables. Il n'y a pas fracture ou cassure, la discussion a lieu. Mais y aura-t-il des alliances électorales ? Il faut d'abord que le mouvement de Hamon soit plus structuré pour en parler.

Le PCF est structuré mais il n'y a pas eu d'alliance aux législatives avec la FI. Pourquoi ?

Au niveau national le PCF obtient et pèse électoralement entre 2 et 3%. Et du coté de la FI quand on compte tout, Mélenchon a fait 20 % de l'électorat du premier tour de la présidentielle., dont une partie de l'électorat communiste. Donc le PCF représente 10 % de l'électorat de Mélenchon, c'est un calcul mathématique !

Quand il a fallu négocier les circonscriptions législatives et de se repartir les candidatures. Le PCF a dit à la FI : « si tu n'as pas mes quelques points de PCF tu perds, donc le PCF veut la moitié (50%) des circonscriptions gagnables ». C'est dégueulasse et ça s'appelle du chantage électoral.

La réponse de la FI a été non, on préfère perdre les sièges plutôt que de céder à des gens qui se disent nos alliés et qui nous mettent un flingue sur la tempe.

Au total il n'y a pas eu de deal et chacun est allé de son coté, c'est idiot car ensemble on aurait pu avoir beaucoup plus de sièges, car dans de nombreuses circonscriptions ça s'est joué à pas grand-chose. C'est un problème de chantage électoral par le PCF

La FI ne met pas tous les dirigeants du PCF dans le même sac. Au PCF il y a des gens qui ont une attitude constructive et avec ces candidats la FI n'a pas mis de candidat face à eux, exemple Mme Buffet.

Et il y a les apparatchiks du siège parisien et la grande masse militante qui existe encore au PCF. La majorité de cette masse militante PCF est déjà passé à la FI et est pour l'unité et est dans un état d'esprit coopératif.

Pendant ce temps là les apparatchiks du PCF sont sur une ligne où « il faut avoir plus d'élu demain qu'hier » et c'est tout. Donc le but est toujours d'avoir plus de siège. La survie financière avant tout, les fait passer à coté de leur rendez vous avec l'Histoire. Pour des révolutionnaires, merci d'avoir fait le jeu des libéraux.

Or donc la politique de ces apparatchiks est toujours la même depuis des années envers Mélenchon.

On s'allie à Mélenchon pour qu'il nous servent de vache à lait électorale, car il fait un gros score, et sur ce gros score, le PCF ira négocier avec le PS pour avoir des places en contre partie du poids électoral qu'on aura obtenu grâce à la locomotive Mélenchon.

Sauf que la situation change avec l'effondrement du Parti Socialiste, et là du coup le PCF fait la négociation avec la FI, le dialogue est plus tranché. La FI reste propre et claire. C'est tout à son honneur, les fruits viendront plus tard.

Pour les élections européennes de 2019, dans ce contexte il est impossible d'avoir une liste commune de la gauche dite « radicale ». La FI n'est pas dans la gauche radicale, elle est de gauche tout court. La FI se repose sur le peuple, c'est un mouvement populiste de gauche au sens noble du terme (si vous avez une autre définition de populisme au sens noble, nous sommes preneurs).

Union de la gauche, sur quelle base ?

  • Avec le PS, observons pour savoir si il est dans la majorité ou l'opposition, les derniers ralliements des députés PS à LREM inquiètent. On a une étiquette qui se dit à gauche mais au final ils ont appliqué des politiques libérales de droite. Aujourd'hui on ne sait pas, sauf dans les actes de chacun, qui est de gauche au PS (et encore un député PS vote contre le budget du gouvernement une semaine et la semaine suivante après sa promotion par Macron doit aller défendre le budget du gouvernement au Sénat. N'est-ce pas monsieur Olivier Dussopt député PS de l'Ardèche ?). L'élément le plus flagrant et la preuve de leur opposition, est le vote de la confiance au gouvernement à l'assemblée. Sur une trentaine de PS : certains ont voté pour, d'autre se sont massivement abstenus et enfin 4 ont voté comme la FI ;
  • Avec le PCF, vu l'attitude des apparatchiks qui cherchent à nous saigner, c'est impossible de trouver une alliance ;
  • Les verts aujourd'hui sont morts, du fait du comportement des membres dirigeants de ce parti. Aujourd'hui l'écologie politique c'est la FI ;
  • Le mouvement de Hamon doit finir de naître pour voir de quel bois il est fait.